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Les souvenirs de vacances

Un article sur les souvenirs de vacances ? Que peut-il y avoir de si important à savoir à ce sujet ? Beaucoup de choses. En effet, lorsque nous partons en vacances, nous ramenons toujours des souvenirs, que ce soit dans notre valise, notre tête ou notre cœur. Cependant, les souvenirs que nous chérissons n’ont pas forcément l’impact positif que nous souhaiterions sur, entre autres, les populations locales. 

« Ce ne sont que des souvenirs, » nous diriez-vous et pourtant. Pour mieux comprendre, il faut savoir que les souvenirs peuvent se diviser en 3 catégories : ceux que l'on récolte soi-même (les récoltés), ceux que l'on achète (les achetés) et ceux que l'on crée (les créés). 

 

En premier lieu, les récoltés.

Nous pouvons récolter des souvenirs de différentes façons. Tout d’abord, en excursion, tout le monde peut se baisser et cueillir une fleur pour sa moitié, ramasser un objet qu’il gardera précieusement ou encore une pierre d'une forme peu conventionenlle qu’il trouvera au cours de ses pérégrinations. Par ailleurs, le fait de prendre des photos est aussi une manière de récolter des souvenirs.

Cependant, bien que ces actions aient l'air inoffensives, des conseils essentiels sont à connaitre et à suivre pour ne pas influer négativement sur l'environnement, qu'il soit naturel ou humain, en récoltant nos souvenirs de manière anarchique.

Conseil numéro 1 : Ne pas cueillir ou ramasser si je ne sais pas avec certitude ce qu'est l'objet que je récupère et si je ne peux pas estimer l’impact de mon geste. Par exemple, la plante que j’aurais cueilli pourrait être l'une des dernières de son espèce. Par ailleurs, si tout le monde ramasse un galet sur la plage, en restera-t-il ?

Conseil numéro 2 : Toucher avec les yeux, ou demander la permission avant d’agir (et ne pas agir si la réponse est non, bien entendu). Comme dans un musée, certains bâtiments ou statues peuvent être sacrés et les toucher pourrait être considéré comme une offense par la population locale. 

Conseil numéro 3 : Respecter les traditions et les coutumes locales. En cas de doute, demander est toujours la meilleure solution.

Conseil numéro 4 : Toujours demander la permission avant de prendre une photo qu’il s’agisse d’une personne ou d’un monument (si un doute est présent). Il serait malheureux de se faire incarcérer pour espionnage en prenant un bâtiment politique en photo sans le savoir. 

Conseil numéro 5 : Réfléchir si le cliché pourrait nuire de quelque façon au photographier en le mettant dans une position inconfortable ou en l’immortalisant faisant une action considérée comme étant maladroite dans son pays.

Le respect de ces conseils est primordial. En excursion ou en visite, nous ne savons que rarement si la plante à côté de nous est protégée ou si l’objet nous tendant les bras n’est pas ici pour une bonne raison. Dans un pays tel que le Japon par exemple, de nombreux objets, aliments et boissons sont laissés en offrande pour les Kami (dieux). Ainsi, afin de ne pas vous attirer les foudres de la population et de ses dieux, il vaut mieux ne pas y toucher.

Pour ce qui est des photos, certaines précautions sont aussi à prendre. Dans certains pays sensibles sur des questions politique, religieuse ou encore traditionnelle, les autorités locales peuvent être amenées à vous demander de supprimer vos clichés, confisquer votre appareil ou même vous arrêter s’ils vous voient prendre une photo qui leur semble frauduleuse. Il peut y avoir des restrictions sur des bâtiments tels que les bases militaires ou encore les infrastructures gouvernementales, ou même les musées. En France, des personnes se sont déjà faites expulsées du Louvre pour avoir pris des clichés interdits. Par ailleurs, les individus que vous photographiez ont eux aussi leur mot à dire et doivent donner leur consentement avant que vous ne puissiez les prendre en photo. Quant aux enfants, n'ayant pas encore l'âge de donner ou non leur consentement, il ne nous semble pas approprié de les prendre en photo.

 

En deuxième lieu, les achetés. 

Les magasins de souvenirs sont souvent légions dans les destinations touristiques. Vendant quasiment tous les mêmes produits, on se retrouve souvent perdu au moment de choisir. Néanmoins, en termes de développement durable, si nous pouvons trouver le même bien dans différents magasins, cela peut témoigner d’une production massive, probablement délocalisée dans un pays où la main d’œuvre est bon marché. L’acheter ne bénéficiera alors pas aux locaux mais, au contraire, leur fera concurrence.

Ainsi, privilégier les produits de l’artisanat local est une meilleure solution pour le développement de la destination visitée. Pour cela, voici quelques conseils :

Conseil numéro 1 : Vérifier la provenance du produit et s’assurer qu’il est produit dans des conditions respectueuses de l’Homme et de l’environnement.

Conseil numéro 2 : Vérifier la conformité à la loi du produit. Pour cela, des labels tel que le « marquage CE » et, des référentiels tels que celui du CITES, existent.

Conseil numéro 3 : Vérifier la signification du produit. Il faut se renseigner sur le sens de l’objet que l’on achète. Il serait par exemple dommage d’offrir une crème de beauté venant du Japon à sa mère sans savoir qu’elle est confectionnée à base de fiente de rossignol, symbole de l’amour dans ce pays. Par ailleurs, il est important de se rappeler que les Bouddha, par exemple, ne sont pas des objets de décoration mais des symboles religieux dans de nombreux pays d'Asie.

Comment mettre en pratique ces conseils ? En ce qui concerne la provenance, il faut savoir que même un produit donnant l’impression d’être fait-main peut être manufacturé. Pour en être sûr, vous pouvez vous renseigner sur le lieu de fabrication ce qui vous évitera souvent des déceptions. Si ce dernier n’est pas indiqué sur le produit, rien ne vous empêche de demander au vendeur, et ainsi d’engager une conversation qui pourra se révéler être instructive. Vous pourrez apprendre quels matériaux ont été utilisés lors de la fabrication et ainsi vérifier si aucun produit illicite n’y est incorporé. L’attention doit se porter particulièrement sur toute provenance animale et végétale qui serait protégée par la loi et soumise à des restrictions (CITES).

Enfin, pour ce qui est de la signification des produits achetés nous pouvons prendre comme exemple celui de la croix gammée. En effet, avant d’être utilisée par les nazis, ce symbole, était déjà répandu dans le monde et particulièrement en Asie, dans des religions comme l’hindouisme ou le bouddhisme. Pour la première, le symbole est assimilé notamment au dieu Ganesh et pour la seconde, il est souvent représenté aux cotés de Bouddha et serait un signe de bienvenue et de bon augure. Tout est donc histoire de perception et de compréhension de la culture du pays dans lequel on se trouve. S’offusquer sans savoir reviendrait à brasser de l’air ; fatiguant mais inefficace. D'ailleurs, en regardant avec attention, on s'en vite compte qu'il existe des différences entre les deux symboles le premier étant penché à 45°, noire sur fond blanc entouré de rouge, alors que le svastika est plat et peut même se trouver inversées.

 

 

Pour finir, les créés.

Vous pouvez devenir votre propre créateur de souvenirs. Vos activités, vos rencontres, vos échanges, les événements impromptus font aussi la beauté d’un voyage. Ce ne sont pas des souvenirs matériels, mais ils sont tout aussi concret qu’un objet que vous auriez créé avec un artisan local pendant une activité de « do it yourself ». Un bon moyen de s’en rappeler est de tenir un journal de bord lors de vos voyages, soit écrit (informatique ou manuscrit en utilisant du papier recyclé ou certifié), soit filmé. Ainsi, en le parcourant quelques années plus tard vous pourrez vous remémorer chaque anecdote croustillante que vous avez vécu.

Cependant, comme pour tout, il ne faut pas en abuser. Par exemple, personne ne devrait graver son nom dans des lieux antiques et protégés, mais de cela, un certain Ding Jinhao vous en parlerez mieux que nous. Après tout, inscrire son nom sur une pyramide aurait pu lui couter 20 000 $ d’amende et 12 mois de prison.

Ainsi, afin de créer le maximum de souvenirs, n’hésitez pas à :

  • Engagez la conversation avec les locaux, même sans parler la même langue. Après tout, 70 % de la communication se fait avec des gestes.
  • Lancez-vous dans des activités inhabituelles qui vous sortiront de votre zone de confort. Vous n'en serez que plus fier. 
  • Soyez curieux et intéressé. La plupart des gens aiment partager leur culture et leurs traditions avec les personnes s’y intéressant réellement.

 

Les souvenirs ne sont qu’une petite partie du voyage, mais bien les choisir a un impact positif rarement mesuré sur le pays qui vous a accueilli. Mettre en avant le local, rechercher le dialogue et l’échange avec les populations locales pourront aussi vous apporter une nouvelle vision de votre environnement. De plus, ces souvenirs resteront gravés à jamais dans votre esprit et nourriront vos pensées, alors restez ouvert, réceptif et curieux face à ce qui vous entoure et votre voyage n'en sera que plus mémorable.