Star de la vie quotidienne dès les années 50, le plastique est dorénavant en ligne de mire de la France dont la loi Anti Gaspillage pour une Économie Circulaire (2020) a fixé la fin de la mise sur le marché d’emballages en plastique à usage unique d’ici 2040. Le temps pour les industriels de se retourner et de miser sur des matériaux recyclables.
Une avancée dans la lignée de la directive européenne du 5 juin 2019, dite « directive plastiques à usage unique », qui a pour but de faire baisser la production de plastique dans le monde. Une production qui représentait 2,3 millions de tonnes en 1950 pour atteindre 448 millions en 2015. De plus, 40 % des plastiques produits ne sont utilisés qu'une fois avant d'être jetés.
En France, de nombreux produits en plastique à usage unique ont d’ores et déjà été retirés de la vente ces dernières années, comme les sacs de caisse, les gobelets, les assiettes, les coton-tiges, les pailles, les couverts, les touillettes, les confettis, la vente du détail de fruits et légumes frais sous conditionnement plastique en dessous de 1,5 kilogramme, les sachets de thé et de tisane en plastique non biodégradable, et les contenants en polystyrène expansé sur lesquels aimait danser Marcia Baïla.
Une prise de conscience essentielle quand on sait que 5 000 milliards de morceaux de plastique flottent dans nos océans et que 700 espèces d'animaux marins ont déjà ingéré du plastique ou ont été piégés dedans. Dans nos cours d’eau (océans, mers, fleuves, rivières), les bouteilles en plastique sont les championnes de la pollution, représentant 14 % des déchets plastiques, devant les emballages alimentaires (12 %, essentiellement des paquets de chips et de bonbons), les mégots de cigarettes (9 %), les contenants alimentaires à emporter (6 %), les coton-tiges (5 %), les gobelets en plastique (4 %), les sacs et couverts en plastique, les pailles (1 %).
Le tourisme participe à cette pollution, notamment avec les emballages plastiques et les bouteilles d’eau.
Chaque minute, près d'1 million de bouteilles en plastique sont vendues dans le monde. En plus de nécessiter a minima 450 années pour se décomposer, la fabrication d’une bouteille plastique de 1 litre représente 100 ml de pétrole, 80 grammes de charbon, 42 litres de gaz et 2 litres d'eau.
Des chiffres qui donnent le tournis et qui doivent nous encourager à être responsable lors de nos déplacements. Préférons les contenants durables, notamment la gourde, amie précieuse de nos circuits et randonnées.
Mais comment choisir sa gourde ?
Pourquoi son matériau a-t-il de l’importance ?
Bien choisir sa gourde pour notre santé et celle de la planète
À l'instar du sac en tissu qui remplace le sac en plastique, la gourde doit également être utilisée sur le long terme à la place des bouteilles d’eau en plastique afin de rendre à la fois notre quotidien et nos vacances plus responsables.
Il nous faut donc identifier nos besoins réels avant d'en acheter : quelle sera l'utilisation de ma gourde ? Au quotidien, pour le sport, pour les sorties des enfants, pour les randonnées, pour les voyages, ou pour toutes ces activités à la fois ? En fonction de la réponse, on choisira la gourde idéale pour satisfaire nos attentes : poids, matériaux sains, durée de conservation, robustesse.
Pourquoi le matériau de notre gourde a son importance ? Parce qu’il a des impacts sur le goût, la composition du breuvage, la longévité d'utilisation et le recyclage de la gourde à long terme.
Faisons un petit tour d'horizon des matériaux existants.
L’acier inoxydable est un matériau solide, léger (ce qui limite l’impact du transport), lisse (surface ne laissant pas de prise aux bactéries), réutilisable et résistant sur le long terme, qui n'altère pas le goût et conserve bien la température initiale. Il nous faut cependant veiller à ce que sa fabrication soit européenne, car de nombreux produits sur le marché proviennent de pays lointain et parfois sans transparence sur les conditions de fabrication, qu’elles soient sociales ou environnementales. Veiller aussi à ce que sa paroi interne ne soit pas en plastique.
L'aluminium, autant le dire sans détour, est à éviter : sa fabrication est polluante et sa contamination par le liquide est nocive sur le long terme.
Le verre constitue une bonne alternative au plastique, d'autant que le sable utilisé pour sa fabrication est souvent français, et que ce matériau inerte n'altère pas le contenu. Ses points faibles sont la consommation énergétique nécessaire à sa fabrication, le risque de casse et l’impact environnemental du transport lié à son poids.
Pour la gourde en fibres de bambou, vérifions sa composition et évitons le bambou mélaminé. La résine de mélamine-formaldéhyde est une résine plastique qui libère des micro particules dans nos breuvages au contact de températures élevées, ce qui est mauvais pour la santé.
Le plastique bio-sourcé (100 % végétal et biodégradable) se déforme, jaunit, altère le goût et laisse échapper des particules de plastique.
L’inox est un matériau à la grande longévité, léger, résistant, recyclable, antibactérien, qui ne libère aucune particule dans le contenu, facile d'entretien. Il faut cependant veiller à ce que la gourde soit sans bpa (substance chimique bisphénol-A).
Conclusion ?
Pour que notre gourde tienne dans le temps et ne favorise pas la prolifération de bactéries, il nous faut la choisir en fonction de son usage, de son matériau, et se rappeler qu’elle n’est pas un objet de stockage. Après son utilisation, on la vide, on la nettoie, on la laisse ouverte jusqu’à la fois suivante, de préférence la tête vers le bas.
Si le goupillon ou le lave-vaisselle ne mettent pas à mal les résidus éventuels, on peut remplir la gourde d’eau chaude additionnée de vinaigre blanc, et la laisser ainsi plusieurs heures avant de la rincer et la sécher. Une mauvaise odeur persiste ? On met de l’eau à moitié, on ajoute une cuillère à café de bicarbonate de soude, on secoue et laisse reposer plusieurs heures avant de rincer et sécher.
Une fois la gourde idéale trouvée, où la remplir lors de nos voyages ?
Tout d’abord, vérifions si l’eau est potable dans toutes nos destinations.
Concernant la France, cette carte interactive nous indique la qualité de l’eau où que l’on se trouve : Carte interactive de la qualité de l'eau - UFC-Que Choisir
Sans oublier le site dédié au contrôle de l’eau potable du Ministère des Solidarités et de la Santé, car, rappelons-le, l’eau du robinet est très contrôlée en France, ce qui lui donne une qualité égale aux eaux commercialisées : https://solidarites-sante.gouv.fr//sante-et-environnement/eaux/eau
Pour nos voyages à l’étranger, le site Centers for Disease Control (agence fédérale américaine pour la protection de la santé publique) recense par pays tout ce qu’il faut savoir en termes de santé avant de partir, et l’eau potable en fait partie : https://wwwnc.cdc.gov/travel/destinations/list
Autre question qu’on se pose : où trouver des points d'eau en voyage ?
En France
Avec la loi AGEC, les Établissements Recevant du Public (ERP) sont dorénavant tenus d’installer des fontaines à eau accessibles à tous.
Le site www.eau-cyclisme.com, à destination des cyclistes pour lesquels le remplissage de la gourde est précieux, dresse une liste très complète des points d'eau par département français.
Castalie, entreprise spécialisée dans la fontaine à eau, propose une carte intéractive des points d’eau dans notre pays : www.castalie.com
Une startup bretonne, Hoali, propose une carte intéractive et bientôt une application qui nous aidera à gérer nos déchets et à trouver des lieux écoresponsables :
https://app.hoali.org/services/maps/gourdefriendly/
Et à l’étranger ?
L’application collaborative FreeTaps propose gratuitement une carte mondiale des points d’eau accessibles au public : lieux publics (fontaines, administrations, toilettes, cimetières, musées) et privés (restaurants, cafés, boutiques ayant accepté de rejoindre l'association).
L'application collaborative Water-Map recense 280.000 points d’eau potable dans le monde.
L’application RefillMyBottle recense les boutiques, cafés, musées qui acceptent qu'on remplisse notre gourde chez eux. Les fontaines à eau ne sont pas encore répertoriées.
La gourde est un accessoire très en vogue ces derniers temps, revêtant des couleurs et des imprimés pour plaire au plus grand nombre. Ne cédons cependant pas à la tentation d’en avoir toute une collection, ce qui mettrait à mal notre démarche vertueuse. Pensons à la planète, respectons-la, et partons à sa découverte de manière plus responsable !
Sources :
Site du service public d’information sur l’eau : https://www.eaufrance.fr
Site du WWF France : https://www.wwf.fr
Site de National Geographic : https://www.nationalgeographic.fr/
Sife de l’Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) : https://www.bfr.bund.de/en/home.html
Site du ministère de la Transition écologique : https://www.ecologie.gouv.fr/.
Site du ministère des Solidarités et de la Santé : https://solidarites-sante.gouv.fr/